Bonjour Marie ! Peux-tu nous parler de ta formation ?
Mes années d’études en diététique m'ont vraiment plu, particulièrement les cours de cuisine. On part des bases et en fait, on se rend compte que pour la vie de tous les jours, ça aide beaucoup. J'ai aussi toujours aimé les cours de nutrition et diététique axés sur les différentes pathologies comme les problèmes d’obésité, les maladies cardiovasculaires, le diabète... C'était hyper intéressant. On comprend vraiment comment tout fonctionne, comment tout agit dans notre corps.
Tu te sens très concernée par la transition écologique et la durabilité. Pourquoi ces sujets te touchent ?
J’ai toujours eu, autour de moi, des personnes qui étaient sensibilisées par cette thématique. Ça a toujours été un peu dans mon quotidien. Et puis, durant mes études, je me suis rendu compte de tout ce qui se passe au niveau environnemental et de l'impact de l'alimentation sur l'environnement. Dans le bachelier en diététique, plusieurs de nos enseignantes nous sensibilisent à cette thématique à travers leur cours. Aujourd’hui, c'est quelque chose auquel je fais vraiment attention tous les jours.
C'est de notre monde de demain dont il s’agit, et ça concerne vraiment tout le monde. Peu importe notre niveau social ou économique, on sera tous touchés par les changements climatiques et il se trouve que l'alimentation a un impact énorme à ce niveau.
On mange tous les jours, normalement 3 fois par jour minimum. Changer notre alimentation est un levier accessible pour faire changer les choses et c'est tellement important pour notre monde, pour les années à venir et les générations futures !
La durabilité est au cœur du sujet de ton TFE. Tu nous parles un peu de ce travail ?
Le titre de mon TFE est « Informer, sensibiliser et motiver les étudiants de la Haute École Vinci à une alimentation plus durable ».
D’abord, l’idée est d'envoyer un questionnaire aux étudiants et étudiantes pour comprendre ce qui les intéresse ou ce qui les intéresse moins, voir qui se sent touché par la durabilité, comprendre les freins et les motivations, etc. Cela va être la base de mon travail, donc leurs réponses sont hyper importantes pour moi.
Le but est de savoir sur quels éléments on peut jouer pour motiver les étudiants et étudiantes à aller vers plus de durabilité. Une fois que j’aurai analysé leurs réponses, j’organiserai des ateliers autour de l’alimentation durable, ciblés en fonction de leurs intérêts, qui pourraient les sensibiliser et leur apprendre de nouvelles choses.
Mon TFE comportera aussi un document écrit, avec une partie théorique et une partie pratique dans laquelle je vais décrire les activités que j'aurai faites.
Comment envisages-tu ton futur rôle de diététicienne, investie dans la transition et les pratiques plus durables ?
On ne peut pas conseiller les mêmes choses à tout le monde, parce qu'on doit s'adapter à chaque patient ou patiente, en fonction de son mode de vie, de ses préférences, de son niveau de santé, de ses éventuelles pathologies, … Mais c'est sûr que dans les échanges avec mes patients, la durabilité aura toujours une place.
Manger plus durable, ce n’est pas forcément arrêter complètement la consommation de viande (qui est souvent le cliché qu’on peut avoir), c'est plutôt un équilibre à trouver. C’est adapter les quantités et découvrir des cuisines qu'on ne connaît pas : les lentilles, les pois chiches, le tofu, etc. Souvent, ça fait peur car on ne sait pas comment les cuisiner. Je pense que c’est un cap à passer et que c'est important de l'expliquer aux gens, de montrer de nouvelles recettes, de nouvelles manières de cuisiner.
Je voudrais apprendre à mes patients à manger de la viande quand ils le souhaitent, mais aussi à essayer des alternatives qui sont tout aussi bonnes.
C’est important aussi de mettre en valeur les gestes durables que les gens font déjà, parce que parfois, certains ne s'en rendent pas compte, mais ils font déjà des choses qui ont des impacts durables et on peut les inciter à continuer.
Justement, as-tu des gestes durables à nous partager ?
Je pense que les choses les plus simples par lesquelles on peut commencer, c'est manger des fruits et légumes de saison ou encore réduire sa consommation d'emballage. Il existe plein de manières simples et pas spécialement plus chères d'acheter en vrac. Et entre deux paquets de biscuits, il est facile d’éviter les biscuits emballés individuellement et de choisir celui qui a le moins d’emballage. Pour bien conserver les biscuits après ouverture du paquet, on peut les mettre dans un Tupperware.
Bien sûr, diminuer sa consommation de viande a un impact énorme mais ce n’est pas facile pour tout le monde.
Et puis, ce n'est pas axé alimentation, mais personnellement, j'ai énormément réduit ma consommation de vêtements issus de la fast fashion. Il y a tellement d'alternatives qui existent : on peut trouver plein de vêtements en seconde main de bonne qualité. Aujourd’hui, j'achète tout en seconde main, même mes meubles ou d’autres objets. Et en plus, c'est beaucoup plus économique.
Ce sont de gros gestes qui, je pense, ont déjà énormément d'impact.