Bénédicte Schrobiltgen
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- Coordinatrice orientation au Service Aide aux Étudiants
Bonjour Bénédicte, on peut dire que tu connais bien la maison Vinci pour y avoir occupé plusieurs rôles au fil des années. Aujourd’hui, tu fais partie de l’équipe qui accompagne les étudiantes et étudiants. Quelles y sont tes missions ?
Bonjour, oui, psychopédagogue de formation, j’ai d’abord enseigné dans les départements pédagogiques où j’ai aussi été cheffe de département pour le régendat (aujourd'hui appelé Section 3). Je suis également passée un temps par le service des relations internationales, travaillé sur un projet de développement durable avec la commune d'Ottignies, entre autres !
Aujourd'hui, j'ai une double casquette au sein du SAE (Service Accompagnement des étudiants). La première est une mission en orientation où j'occupe le rôle de coordinatrice et de conseillère. La seconde est celle de l’accompagnement à la réussite où j'accompagne principalement des étudiants et étudiantes du campus de Louvain-la-Neuve, donc à la fois les départements pédagogiques et celui des soins infirmiers.
À quel moment de ta carrière as-tu eu envie de te former en orientation ?
Je me suis formée la première année où un certificat en orientation scolaire et professionnelle a été lancé par l'UCLouvain. Je l'ai suivi parce que dans ma pratique en accompagnement à la réussite, des étudiants se posaient pas mal de questions sur ce thème-là. Je me sentais mal à l'aise de les rediriger, à l'époque, vers des organismes externes, même si je fais pleinement confiance à mes collègues du CIO avec qui je collabore régulièrement. Mais pour nos étudiants, cet accompagnement était payant. C'est pourquoi, j'ai eu envie de me former dans le domaine. Et puis, j’y ai pris goût et surtout, j’ai compris que l'orientation allait occuper une place grandissante dans les années à venir.
[...] l'une des premières choses que je dis aux étudiants que je reçois : en orientation, je ne conseille pas, j’accompagne.
En effet, l’orientation a pris de plus en plus de place dans les politiques liées à l’enseignement ?
Oui, l'orientation occupe enfin une place importante dans notre enseignement. On le voit par exemple au niveau du Pôle académique de Louvain, où a été mis en place le Conseil de l'orientation dont j'ai repris la coordination récemment. Le pacte pour un enseignement d'excellence inclut davantage ces questions dans le fondamental et aussi dans le secondaire.
Les manières d'appréhender l'orientation en tant que conseillère ont également évolué. On l'aborde à présent tout au long de la vie avec un accompagnement beaucoup plus personnalisé. Au début du siècle passé, la vision était : la bonne personne à la bonne place. On était dans une logique très déterministe et figée. Il y avait des tests qui dirigeaient vers tel ou tel métier. En tant que personne, tu entrais dans une voie et tu y restais tout au long de ta carrière. Aujourd'hui, ce n'est plus vraiment le cas.
À quels types de questionnements répondez-vous ? Quels sont les profils d'étudiants et d'étudiantes qui font appel au service orientation ?
Tout d'abord, l'une des premières choses que je dis aux étudiants que je reçois : en orientation, je ne conseille pas, j’accompagne. J'ai un titre qui est utilisé dans toute la francophonie, mais qui ne correspond pas à ce que je fais. Dans notre équipe, on est plutôt dans la mouvance des nouveaux courants, dont le Life design qui consiste à se raconter sa vie et à tenter de trouver le sens qu'on a envie d’y donner. On part aussi des expériences passées.
Je dirais que la majorité de notre accompagnement concerne les étudiants et étudiantes de la Haute École qui se posent des questions en matière d'orientation. On répond aussi aux questions de futures et futurs étudiants qui nous contactent de temps en temps. Notre travail, avec mes deux collègues du service, Patricia Brackeniers et Sabrina Gérard, est d'essayer d'identifier quel est le vrai besoin de la personne : a-t-elle vraiment besoin de se réorienter ou plutôt de se rassurer par rapport à un choix et de trouver des stratégies pour réussir ? Dans ce cas-là, je sors alors ma casquette SAR (service aide à la réussite).
Les manières d'appréhender l'orientation en tant que conseillère ont également évolué. On l'aborde à présent tout au long de la vie avec un accompagnement beaucoup plus personnalisé.
On a également les étudiants qui arrivent au bout de leur cursus et qui finalement souhaitent poursuivre des études. Ils nous consultent alors pour se renseigner sur les options possibles : continuer avec une spécialisation, un master ou encore reprendre un autre bachelier qui peut être complémentaire. Il y a aussi celles et ceux qui se posent des questions sur les domaines dans lesquels ils peuvent potentiellement travailler une fois leur diplôme en poche ou qui souhaitent travailler à l’étranger, etc. Les questionnements sont variés !
En dehors de ton travail, tu as de nombreuses passions dont la photographie...
Oui ! Je n'ai pas assez d'une vie pour faire tout ce que j’aimerais ! (rires) De manière générale, j'aime tout ce qui est artistique. Pour moi, l'art a toujours occupé une place dans ma vie, d'une façon ou d'une autre. Je trouve que se nourrir de belles choses, c'est important. Je fais de la photo. À côté de ça, je suis dans des expos en permanence : peinture, sculpture, photographie, architecture. Ce week-end, j'étais à Roubaix, découvrir la Villa Cavrois et sa piscine.
C'est presque essentiel, je dirais, pour moi, d'aller voir toutes ces expos, de me promener dans les musées. J’ai fait de la musique un temps aussi, mais cela demande énormément de temps, donc pour compenser, je vais régulièrement à des concerts !
Tu es une férue de culture. Expo, musée, musique…Quel a été ton dernier coup de cœur culturel ?
Pour moi, la plus belle exposition que j'ai visitée ces derniers temps est celle des photographies de Stéphane Vanfleteren au MSK à Gand. C'est un photographe belge qui a développé tout un projet autour de la mer. C'était magnifique...mais vraiment magnifique. Il s’est inspiré de toute une série de peintures dont un peintre belge que j’adore : Léon Spilliaert. J'ai trouvé que le dialogue entre les deux était à nouveau...magnifique !