Engagée dans la lutte contre le harcèlement, la Haute École a récemment ouvert un nouveau poste : Mathilde Quéré remplit la fonction de « personne de contact harcèlement » depuis le mois de janvier 2026. Les étudiants et étudiantes pourront la contacter en cas de situation de harcèlement ou de questionnements. Nous lui avons posé quelques questions sur son rôle à Vinci.
Bonjour Mathilde. Quel a été ton parcours avant d’arriver à Vinci ?
Je suis psychologue clinicienne et cette année, je suis en train de finir une formation complémentaire en psychologie sociale. Je fais de la recherche en psychologie : j'ai commencé par travailler sur les violences intrafamiliales et conjugales. Actuellement, je travaille sur les violences sexuelles et sur l’écoute des personnes qui en sont les témoins.
À côté de cela, et depuis le mois de janvier 2026, j'ai rejoint la HE Vinci à mi-temps en tant que personne de contact harcèlement.
Penchons-nous sur ton rôle à la Haute École : « personne de contact harcèlement », qu’est-ce que ça veut dire ?
Il faut savoir que les établissements d'enseignement supérieur ne sont pas épargnés par le harcèlement, les discriminations et les violences sexuelles et sexistes.
1 personne sur 3 déclare avoir déjà été confrontée à une situation de harcèlement ou de violence sexiste et sexuelle dans l’enseignement supérieur
Dans ce contexte, la Fédération Wallonie-Bruxelles a émis une circulaire obligeant chaque établissement d'enseignement supérieur à désigner une personne de contact qui a pour mission d'informer les victimes, ainsi que les auteurs et autrices, sur les lois en vigueur et les services d'aide disponibles.
C’est donc un nouveau poste qui s’est ouvert à la Haute École et que j’ai la joie de découvrir peu à peu.
La personne de contact harcèlement est un premier point d'écoute pour les étudiants et étudiantes qui font face à du harcèlement ou se posent des questions, qu’ils en soient témoins, victimes, auteur·rices ou autre.
Mon rôle est de les écouter et de les informer sur ce qu’il est possible de faire si on est face à des cas de harcèlement, de violences sexistes ou sexuelles ou de discrimination. Il est possible de mettre en place des solutions au sein même de la Haute École (sanctions disciplinaires en interne, médiation, consultation psychologique, ...), mais on peut aussi se diriger vers des structures externes (plainte à la police, accompagnement juridique, ...). Moi, je vais faire le lien entre les organismes extérieurs et les étudiant·es qui viennent me voir. Je suis donc en première ligne pour accueillir l’étudiant·e, le ou la conseiller et le ou la rediriger le cas échéant.
Durant tout ce processus, les étudiant·es peuvent s'arrêter à tout moment : il est tout à fait possible de venir juste me parler, sans qu’il y ait de conséquences. Et bien sûr, tout est confidentiel.
De plus, ce poste a été créé de façon à être le plus indépendant possible des membres du personnel afin de s’assurer que chaque suivi puisse être traité avec la plus grande objectivité possible.
Comment peut-on définir le harcèlement ? Comment savoir si je subis ou si je suis témoin d’une situation de harcèlement ?
Une situation de harcèlement comporte des actes répétés et une volonté de nuire à une personne. Il y a différents types de harcèlements : le harcèlement moral, le harcèlement sexuel (d’ailleurs, pour celui-là, il n’y a pas besoin de répétition pour qu’il soit qualifié de harcèlement), le harcèlement scolaire, le cyberharcèlement, etc.
Par exemple, cela peut être des propos blessants adressés à une personne de manière régulière. Cela peut aussi survenir sous la forme d’intimidations fréquentes ou de discriminations, comme le fait de volontairement et continuellement retirer quelqu’un d'un groupe de travail sous prétexte qu’il s’agit d’une femme ou d’une personne d’une autre religion ou origine ethnique.
En cas de doute, les étudiant·es peuvent toujours venir me voir. Il n’y a pas de mauvaise question. Je suis là pour informer, sans qu'il y ait forcément un processus qui soit lancé en interne ou en externe. Ça peut juste être un moment pour poser des questions, être écouté·e et obtenir des conseils et des informations.
Comment peut-on prendre rendez-vous avec toi ?
Il sera prochainement possible de prendre rendez-vous en ligne, via l'intranet. Ces rendez-vous seront accessibles pour tous et toutes les étudiant·es de la Haute École. Et bien sûr, cela sera entièrement gratuit.
Je pourrai recevoir les étudiant·es sur les 3 campus (Ixelles, Louvain-la-Neuve et Woluwe) ou en vidéoconférence via Teams. Ils et elles pourront tout à fait prendre rendez-vous dans un bâtiment ou sur un campus où ils n’ont pas cours, pour éviter de croiser d’autres étudiant·es ou des enseignant·es, s’ils et elles le désirent, et ainsi conserver une certaine confidentialité.
Un de tes rôles est aussi de sensibiliser, former et prévenir contre les situations de harcèlement.
Tout à fait ! Des formations vont être organisées pour les membres du personnel. Il y a plein de choses qui sont en train d'être mises en place à ce niveau-là. Je travaille aussi avec le service juridique pour intégrer la notion de harcèlement dans le RGE (règlement général des études).
Quel message voudrais-tu faire passer à nos étudiants et étudiantes ?
Il y a vraiment une volonté de la part de la Haute École de faire changer les choses, d'écouter, d'entendre et de prendre action sur ce qui se passe.
Il ne faut pas hésiter à venir chercher de l'aide ou un accompagnement. Ma porte est ouverte pour tous·tes les étudiant·es.