Une Game Jam dans le département informatique

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Vinci game jam 1

Publié le par Alba V.

#sciences & techniques

Pour sa troisième édition, la Game Jam proposait à des étudiants en informatique de créer un jeu en 48h en utilisant le programme Unity. Rencontre avec Jean-Gobert de Coster, à l’initiative de la Game Jam, et Boris Fischer, étudiant participant. L’un s’apprête à sortir son premier jeu vidéo, l’autre streame sur Twitch depuis son kot étudiant.

Comment se déroule une Game Jam exactement ?

Une Game Jam peut être résumée en un marathon de développement de jeux vidéo. Une sorte de hackaton dont les ingrédients clés sont le travail personnel et en groupe intensif couplé à un nombre d'heures de sommeil réduit à une peau de chagrin. Avec une pression en plus dans ce cas-là : le résultat compte pour des points. En effet, la création d'un jeu vidéo clôturait le cours donné sur le programme Unity.

Particularité de cette édition, les étudiants avaient le choix de participer en distanciel ou en présentiel, afin que chacun puisse y prendre part dans les meilleures conditions.

Une expérience d'auto-apprentissage

La Game Jam n'a été que la suite logique du cours en Unity qui prenait une nouvelle forme. Cette année, explique Jean-Gobert, le cours était donné à moitié en auto-apprentissage, via des vidéos tutorielles, et à moitié sous forme questions-réponses. L'objectif était que les étudiants utilisent les vidéos pour appréhender le programme et s'exercer dans leur coin. Ce qui a pu en piéger certains, dont Boris, lorsqu'il a fallu mettre leur apprentissage en action pendant la Game Jam.

"Contrairement à nos habitudes, le professeur ne nous donnait pas d'exercices. Du coup, on avait tendance à assimiler correctement la théorie, mais pas à s'exercer. C'est vrai que c'est quelque chose qui m'a piégé et qui a piégé d'autres étudiants."

Quels sont résultats de la Game Jam ?

L’expérience, que ce soit au niveau de l’enseignant ou des étudiants, s’est avérée très positive.

Malgré l'intensité de ces 48h, ce fut deux jours de pratique où les étudiants n'avaient plus d'autres choix que de s’exercer, de s’approprier l’outil et de trouver des solutions, comme l'explique Boris :

"Je suis arrivé en ne connaissant pas bien le cours et j'avais beaucoup de problèmes. En bossant à fond, je suis passé de quelqu'un qui ne gérait pas bien la matière à quelqu'un qui s'en sortait en Unity et trouvait même des solutions pour les autres."

Ce que confirme Jean-Gobert. Une fois la confiance gagnée par les étudiants, les résultats étaient bel et bien présents :

"Avant la Game Jam, j'avais beaucoup d'étudiants qui étaient très inquiets, qui ne se sentaient pas prêts. Au final, toutes les équipes ont pu fournir un jeu. D'ailleurs, dans l'équipe qui a gagné, un des membres était un élève qui m'avait envoyé plusieurs mails disant qu'il ne se sentait pas prêt. Derrière toutes ces inquiétudes, je dois dire que je suis quand même satisfait, parce qu'ils ont réussi à faire un jeu."

Photo 1 & 2 : la Game Jam - Photo 3 : Boris Fischer - Photo 4 : Jean-Gobert de Coster

Envie de continuer dans le jeu vidéo ?

Le cours d'Unity a été une découverte et la première vraie expérience de développement de jeu vidéo dans les études pour Boris. La Game Jam lui a donné envie de continuer dans cette voie-là, même si avec les emplois du temps entre les différents projets scolaires, cela reste compliqué de s’y investir totalement.

Il faut dire que travailler dans le monde du jeu vidéo en Belgique n'est pas encore chose aisée, comme le précise Jean-Gobert :

"Pour le moment, la quasi totalité des gens qui sont formés au développement de jeux vidéo, surtout dans les écoles spécialisées, partent travailler à l'étranger pour des questions d’opportunités et de salaires plus intéressants."

Boris ajoute que le boulot de développeur de jeux vidéo est, selon lui, de manière générale assez peu reconnu et les conditions de travail dans les studios peuvent être assez difficiles. Les développeurs ont beaucoup de pression et doivent “cruncher”, c’est-à-dire travailler de manière très intense pour assurer la sortie du jeu dans les temps. Ce sont pour lui des raisons qui le freinent à se lancer dans cette voie-là.

Malgré ce constat, l'enseignant espère tout de même voir un jour sortir un jeu commercial avec le nom d'un de ses étudiants !

Retrouvez le travail de Jean-Gobert sur funtomata.com

& Boris sur sa chaîne Twitch