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Formez -vous comme facilitateur·rices en simulation !

Hevinci vmag formation simulation sante

Publié le par Annabelle Dapoz

Rencontre avec Marie Druart et Sophie Ghysselinckx, enseignantes à la HE Vinci au sein du département Soins Infirmiers, et formatrices au Centre de Formation Continue Vinci.

Bonjour Marie et Sophie, quel est votre parcours et qu’est-ce qui vous a amenées à vous spécialiser dans la pédagogie par simulation ?

Sophie G. : Diplômée en 2003 en Soins infirmiers et spécialisée en pédiatrie et néonatologie l’année suivante, j’ai travaillé dans une unité d’hématologie et oncologie pédiatrique durant plusieurs années. Après un master en santé publique, j’ai fait le choix d’intégrer en 2009, l’enseignement supérieur. En 2014, je postule pour me former à la simulation par immersion clinique. Dans la foulée, nous implémentons la pédagogie par la simulation en santé au sein de différents cursus spécialisés et ensuite au sein du bachelier infirmier. Je suis depuis plusieurs années, responsable et coordinatrice de la formation destinées au candidats spécialistes en pédiatrie et néonatologie et également coordinatrice des activités de simulation en santé.

Marie D. : Diplômée en 1999 en Soins infirmiers et spécialisée en soins intensifs et aide médicale urgente en 2000, j’ai travaillé dans une unité de soins intensifs d’un hôpital universitaire pendant plusieurs années. Après un master en santé publique, je me dirige vers l’enseignement supérieur en 2007. Je me suis formée à la simulation par immersion clinique en 2015 pour devenir facilitatrice en simulation en santé et puis, coordinatrice dans le département ISG-SPE. J’ai également été coordinatrice pédagogique et programme de la formation BIRSG (Bachelier Infirmier·ère Responsable de Soins Généraux) entre 2018 et 2024.

Il y a un peu plus de 10 ans, nous avions envie d’offrir une nouvelle manière d’enseigner à nos étudiant·es. Nous voulions favoriser le développement des compétences transversales à travers la simulation et les intégrer de manière efficace dans la pratique professionnelle. Nous nous sommes alors dirigées vers la simulation, une approche pédagogique innovante, formative, inspirante et fortement documentée dans la littérature.

La simulation révolutionne la pédagogie traditionnelle en proposant un apprentissage actif et immersif via des scénarios réalistes, adaptés au niveau et aux objectifs des apprenants en utilisant des technologies innovantes (mannequins haute-fidélité, environnements virtuels, feedback instantané via débriefing vidéo).

L’immersion dans des scénarios réalistes stimule la motivation intrinsèque et la confiance en soi et rend l’engagement des étudiant·es plus important.
Marie D. et Sophie G.

Il s’agit d’une approche formative et sécurisée dans laquelle l’erreur est autorisée et analysée. Contrairement à un contexte professionnel réel, la simulation permet de commettre des erreurs sans risque pour le bénéficiaire, puis de les corriger grâce à un débriefing structuré. Ce feedback immédiat permet aux facilitateur·rices et aux pairs d’observer et de commenter les actions en direct, ce qui renforce la rétention des connaissances.

En tant que facilitateur·rices, la simulation est une pratique inspirante et motivante. L’immersion dans des scénarios réalistes stimule la motivation intrinsèque et la confiance en soi et rend l’engagement des étudiant·es plus important. La simulation active la mémoire émotionnelle, ce qui améliore la mémorisation à long terme. La simulation développe également la créativité et la réflexion critique puisque les apprenant·es doivent improviser, prioriser et prendre des décisions sous pression, comme en situation réelle.

Enfin, la simulation permet la transférabilité dans le milieu professionnel par la transposition directe des compétences acquises en simulation sur le terrain en réduisant l’écart théorie-pratique. Les étudiant·es sont donc mieux préparé·es à des situations qui peuvent être rares ou critiques améliorant la qualité de leurs prestations. Cela les engage dans une culture de sécurité puisque la simulation encourage la démarche réflexive et l’amélioration continue des pratiques.

C’est également l’opportunité de travailler la collaboration interprofessionnelle qui est la rencontre de deux professions ou plus autour d’une situation avec des objectifs communs pour “apprendre à travailler ensemble” avant de “travailler ensemble” ; apprendre les unes des autres et les unes à propos des autres. S’investir dans cette collaboration interprofessionnelle dès la formation, c’est préparer les étudiant·es, professionnel·es de demain, à travailler le raisonnement clinique et partager les modèles mentaux. Cela a un impact sur la qualité et la sécurité, les enjeux de santé publique et le bien-être au travail.

Comment cette pédagogie a-t-elle façonné votre manière d’enseigner aujourd’hui ?

Sophie G. & Marie D. : Par cette approche pédagogique innovante, l’enseignant·e adopte un rôle de facilitateur·rice plutôt que de simple transmetteur·rice de savoirs. L’objectif ? Libérer le potentiel de chaque étudiant·e en lui permettant de découvrir et de développer ses propres compétences, puis de les transférer directement dans son environnement professionnel, notamment lors de stages.

En se plaçant en retrait, l’enseignant·e crée un espace où l’étudiant·e devient acteur·rice de son apprentissage afin de lui permettre de s’adapter aux défis de son futur métier. Cette pédagogie transforme la formation en expérience, et l’étudiant·e en professionnel·e compétent·e et autonome.

En quoi la simulation est-elle particulièrement efficace pour développer des compétences transversales comme la communication ou la collaboration, par rapport à des formations plus classiques ?

Sophie G. & Marie D. : Les compétences techniques et les compétences non techniques sont travaillées lors des séances de simulation avec une attention à développer les compétences transversales.

Placer les étudiant·es dans des situations extrêmement proches de la réalité crée une charge émotionnelle chez les apprenant·es. La phase de briefing permet d’assurer entre autres une sécurité psychologique durant toute la séance de simulation.

Le jeu simulé, basé sur un scénario adapté au niveau des apprenant·es, crée un niveau de stress important qui nécessite d’assurer ce cadre sécurisant et de mener un débrifiefing structuré.

Ce dernier permet une meilleure rétention des gestes et des protocoles, un engagement accru dans l’apprentissage, un transfert des compétences en milieu professionnel et une meilleure gestion du stress.

Pour développer ces compétences transversales disciplinaires ou interprofessionnelles comme la communication, le leadership et le travail d’équipe, la gestion du stress et la résilience, l’éthique et la prise de décision, la gestion de conflit, le jeu simulé suivi d’un débriefing approfondi est un outil formidable.

À quoi peut s’attendre concrètement un·e participant·e pendant ces trois jours ?

Sophie G. & Marie D. : Il peut s’attendre à trois jours intensifs et variés alliant théorie, pratique et innovation, avec un équilibre entre apports méthodologiques, exercices concrets, partages entre pairs et retours individualisés. Les participant·es repartent avec des outils clés pour concevoir, animer et ajuster des séances de simulations efficaces.