- Docteure en chimie, Isabelle Nemery a commencé sa carrière par un poste d’assistante en recherche à l’UCLouvain, avant de devenir enseignante à la Haute École Léonard de Vinci (ex-Institut Paul Lambin). Aujourd’hui, elle est cheffe du département Chimie et enseigne dans ce même département.
- Marie-Laure Boulanger est l’adjointe d’Isabelle et enseigne également. Après son Master et son Doctorat en chimie, elle devient assistante à l’université. Désirant devenir enseignante pour vulgariser les sciences et partager sa passion, elle envoie sa candidature et est engagée en tant que maître-assistante à la Haute École Léonard de Vinci.
- Stéphanie Delsarte est cheffe du département Bioqualité et enseigne dans les départements Chimie et Bioqualité. Elle est détentrice d’un Master en Bioingénieur et d’un Doctorat en Sciences agronomiques et ingénierie biologique. Après quelques années à travailler en laboratoire, elle devient enseignante dans le département Chimie de Vinci. En 2022, elle devient responsable du département Bioqualité, une toute nouvelle formation en alternance, tout en dédiant toujours une partie son temps au département Chimie dans lequel elle assure des cours théoriques.
- Angelica Tiron est étudiante en deuxième année en Chimie. Animée depuis toute petite par le fait de vouloir comprendre ce qui l’entoure, elle apprécie surtout de traduire la théorie vue en cours au travers des exercices pratiques qu’elle effectue en laboratoire. Après ses études, elle souhaite se tourner vers la recherche en biotechnologie pour travailler dans le secteur pharmaceutique.
La chimie, partout dans nos vies
« C'est vraiment la curiosité qui m'a poussée à faire des études scientifiques », raconte Angelica. Petite, sa soif de savoir l'incitait à poser plein de questions aux adultes qui l’entouraient. « Je voulais comprendre comment les choses étaient faites. Aujourd’hui, mes études me permettent de répondre aux questions que je me posais étant enfant. », évoque Angelica.
Ce besoin de comprendre comment tout fonctionne, Angelica n’est pas la seule à le ressentir. C’est aussi le cas de ses enseignantes, Isabelle, Marie-Laure et Stéphanie.
« Ce que j’aime dans les sciences et plus particulièrement en chimie, c'est que cela permet en effet de répondre à un tas de questions : pourquoi on met du sel sur les routes quand il gèle, de quoi sont composés mes produits cosmétiques, comment est fabriqué mon savon, de quelle manière on évalue la qualité de l’air que je respire, etc. En fait, tout est chimie. », explique Marie-Laure Boulanger.
La chimie permet de comprendre le monde qui nous entoure, tout ce qui se passe autour de nous.
Les femmes scientifiques prennent leur place
« Dans le département Chimie, à Vinci, nous avons une parité hommes-femmes au niveau des étudiants et étudiantes. », déclare Isabelle Nemery. Cette parité a été un soulagement pour Angelica qui, avant de faire sa rentrée à Vinci, craignait de se retrouver avec une majorité d’hommes. « En fait, on est moitié-moitié, il y a pas mal de filles et on a aussi beaucoup d’enseignantes femmes. Je pense que les mentalités évoluent avec le temps et que les sciences sont de moins en moins perçues comme étant un secteur masculin. Je n'ai jamais ressenti, durant mes études, le fait d'être à part parce que je suis une femme. »
Les trois enseignantes s’accordent aussi sur le fait que la chimie et le domaine des sciences de manière générale n’est pas du tout un milieu d’hommes.
51,3 % de femmes composent le département Chimie, 47,5% le département Bioqualité. Ces départements sont regroupés au sein du Secteur Sciences et Techniques, avec le département Informatique. Seul ce dernier est composé d’une large part d’étudiants masculins : ils sont 84% d’étudiants. Afin que les étudiantes, présentes en faible nombre, se sentent à l’aise au quotidien et puissent se retrouver entourées d’autres femmes, le département Informatique a fait le choix de les regrouper dans quelques groupes-classes mixtes uniquement, les autres groupes étant 100% masculins.
Parmi les entreprises partenaires de la Haute École dans le secteur de la chimie, nous retrouvons également une parité hommes-femmes. Nos enseignantes collaborent étroitement avec plusieurs entreprises dans ce secteur, dans le cadre des stages proposés aux étudiant·es. « Lors des visites de stage ou visites d'entreprise, je n’ai jamais eu le sentiment qu'il y ait moins de femmes par rapport aux hommes. Je n'ai pas non plus le sentiment que les femmes n'exercent pas dans des postes à haute responsabilité, elles gravissent très bien les échelons », raconte Marie-Laure.
Selon l'expérience de nos interviewées, être une femme dans le domaine des sciences n’est donc pas un frein. Pour Isabelle, « peu importe que l’on soit homme ou femme, chacun·e possède des qualités qui peuvent être utilisées dans tous les domaines différents de la chimie. ». L’enseignante est convaincue que tout le monde peut y trouver sa place.
Un métier d’avenir
La chimie présente un très grand nombre de débouchés. Secteur agroalimentaire, pharmaceutique, automobile, cosmétique, électronique, médical, transition énergétique, … Le travail est diversifié et ne manque pas.
Pour Stéphanie Delsarte, dans les prochaines années, le métier évoluera certainement vers plus de transition. « Les entreprises, même celles qui sont très polluantes, réfléchissent à la question de la transition, ne serait-ce que pour répondre aux normes environnementales. Comment peuvent-elles moins polluer, consommer moins d'énergie, émettre moins de CO2 ? Ces questions-là seront résolues avec l’aide de chimistes. », explique Stéphanie.
Outre la transition écologique, beaucoup d’autres sujets d’actualité sont des problématiques qui peuvent trouver des réponses dans la chimie. Les PFAS dans l’eau du robinet, les contaminations dans les laits infantiles en poudre, … Comme le dit Marie-Laure, « tout est chimie ». La chimie est la clé pour trouver des solutions et a un bel avenir devant elle, avec des femmes passionnées et une génération d’étudiantes prêtes à prendre la relève.