Pleins feux sur le Centre de Développement Techno-Pédagogique
Voir tous les articles Réussites étudiantesBonjour à tous et toutes. Quand et pourquoi s'est créé un Centre de Développement Techno-pédagogique au sein de la Haute Ecole ? Quelles en sont les missions ?
Le Centre de Développement Techno-Pédagogique, ou CDTP, a vu le jour en mars 2021, dans un contexte très particulier. La crise sanitaire de 2020 a imposé l’enseignement à distance du jour au lendemain. À l’époque, nous avons mis en place une cellule de crise pour répondre à l’urgence, mais il est vite apparu qu’il fallait aller plus loin : structurer un accompagnement durable pour nos enseignants. C’est ainsi qu’est né le CDTP, intégré à la gouvernance de la Haute École.
Sa mission est claire : être un centre de référence à l’échelle Vinci pour la pédagogie, l’approche-programme et la techno-pédagogie. Nous accompagnons les enseignants, souvent des professionnels des métiers ou experts d’une discipline dans la découverte de ce qui est souvent un nouveau métier : celui d’enseignant et de formateurs. Nous les accompagnons également dans l’évolution de leurs pratiques, l’intégration des outils numériques et leur développement professionnel continu pour l’aspect pédagogique de celui-ci. Nous travaillons à la fois sur la cohérence des programmes, l’accompagnement pédagogique et l’appropriation des technologies.
L'équipe du CDTP qui a répondu aux questions : Balcaen SOUTO Thiago, Bernard Florence, Campolini Lorenzo, Duvillier Sophie, Laurent Caroline, Miseur Ludovic, Naeije Anne, Thiry Florence, Wilmet Emilie
Comment se compose l'équipe du Centre aujourd'hui ? Quels sont exactement les rôles des conseillers et conseillères du centre ? Est-ce un nouveau métier ?
Le CDTP, c’est avant tout une équipe pluridisciplinaire. Les conseillers et conseillères pédagogiques, aux profils variés et complémentaires, ne partagent pas seulement une expertise pédagogique issue de leurs pratiques antérieures ou acquises par leurs formations : ils apportent chacun des compétences spécifiques qui enrichissent notre accompagnement et l’appui que nous apportons aux enseignants et aux enseignements. L’une des forces de l’équipe est de pouvoir s’appuyer sur une multiplicité de point de vue, dont certains nous permettent aussi de porter des regards neufs sur les pratiques d’enseignement.
Nos rôles sont multiples, parfois méconnus : accompagner, former, conseiller.
Nos rôles sont multiples, parfois méconnus : accompagner, former, conseiller. Nous aidons à concevoir des dispositifs pédagogiques, à intégrer les technologies, à renforcer la cohérence des programmes. Nous animons des ateliers, des parcours comme « Premiers pas » pour les nouveaux enseignants, et nous intervenons dans la formation puis soutenons la certification CAPAES. Nous créons également un environnement de ressources pour favoriser l’autoapprentissages et outiller nos collègues face à des questions pédagogiques ou d’intégration des technologies sensibles allant des bases de la pédagogie à des thématiques de pointes ou des innovations pédagogiques.
Concrètement, les conseillers pédagogiques ne réalisent pas un dispositif à la place d’un enseignant, par exemple. Ils agissent comme des facilitateurs de réflexion, aidant l’enseignant à analyser sa situation et à trouver ses propres réponses et pas comme des “experts imposant des recettes”. Dans le cadre d’un accompagnement, un conseiller pourra proposer des modèles, cadres théoriques, retours d’expérience, mais ce sont les enseignants qui ajustent et s’approprient les choix.
Les conseillers pédagogiques visent à développer la maîtrise pédagogique, la capacité à s’adapter et à analyser sa pratique. C’est l’apprentissage et la montée en compétence du professionnel accompagné et son autonomie dans une logique de développement professionnel qui est au cœur du métier. L’autonomisation est fondamentale : l’objectif est d’accompagner les enseignants pour leur permettre d’apprendre à résoudre leurs défis pédagogiques par eux-mêmes.
[...] un conseiller pourra proposer des modèles, cadres théoriques, retours d’expérience, mais ce sont les enseignants qui ajustent et s’approprient les choix.
Est-ce un nouveau métier ? Oui et non. Le rôle existe depuis longtemps, mais il a évolué et s’est affiné au sein des hautes écoles. Aujourd’hui, il exige une vision globale, une expertise transversale et une capacité d’adaptation face à des défis comme l’hybridation, l’inclusion et l’innovation pédagogique. C’est un métier en pleine professionnalisation, reconnu comme stratégique dans l’enseignement supérieur.
Le métier a fait l’objet de nombreuses recherches sur sa spécificité en contexte universitaire, mais ses spécificités dans le cadre des hautes écoles et de l’enseignement professionnalisant n’est documenté et étudié que récemment. Nous avons par ailleurs la chance faire partie d’une communauté de pratique de conseillers et conseillères pédagogiques issus l’ensemble des hautes écoles qui se réunit environ deux fois par an. Cela nous permet aussi de nous former et d’échanger avec nos pairs, c’est une vraie richesse.
Quels sont les principaux défis et enjeux auxquels vous êtes confrontés en ce début d'année 2026 ? Et demain, en voyez-vous d'autres ?
Nos défis sont nombreux. En ce début d’année, nous travaillons à renforcer l’approche-programme pour garantir la cohérence des cursus, à développer l’hybridation des apprentissages pour offrir plus de flexibilité, à intégrer les technologies et l’intelligence artificielle dans les pratiques pédagogiques de manière réfléchie, et à soutenir le développement professionnel pédagogique continu des enseignants.
Et demain ? Nous anticipons des enjeux encore plus complexes : la diversification des publics, l’inclusion, la massification des effectifs, la collaboration inter-hautes écoles et l’anticipation des innovations technologiques. Les conseillères et conseillers du CDTP se positionnent comme acteurs stratégiques pour accompagner ces transformations et participent à la qualité des enseignements. Ils jouent un rôle clé dans l'amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur, tout en respectant l’expertise disciplinaire des enseignants.