Mission Bénin ou la genèse d’un partenariat de mobilité

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Groupe 2025 1

Publié le par Frédérique Deffrennes

La Haute Ecole gère des centaines de partenariats de mobilité. Certains existent depuis des années, d’autres se sont créés plus récemment. Comment se met en place cette belle dynamique au sein de nos départements ? Voyons par exemple comment, grâce à l’énergie de nos collègues, nos étudiantes et étudiants des départements pédagogiques ont l’opportunité de passer un séjour de mobilité au Bénin.

Tout d’abord, soyons précis, un partenariat avec le Bénin existe déjà depuis longtemps pour les étudiant·es de Louvain-la-Neuve, mais celui-ci s’est un peu « essoufflé » et il était nécessaire et pertinent de remettre un projet solide en place.

Projet Bénin, année 1

C’est avec cet objectif ambitieux que Benoît Moulin, enseignant en section 3, atterrit à Cotonou en février 2023 accompagné de 12 étudiants et étudiantes de bloc 3 et de Patsy Pauwels, enseignante en section 1. Benoît et Patsy n’en sont pas à leur première expérience de mobilité : ils encadraient déjà le précédent projet. En 2023, l’enjeu est de taille : recréer un partenariat pour les 3 sections du master en enseignement qui permette d’accueillir entre 6 et 12 étudiant·es sur un même site chaque année, tout en confiant l’encadrement de leur formation (4 à 5 semaines) aux partenaires locaux.

D’abord s’assurer des conditions matérielles

Dès l’arrivée sur le sol béninois, les deux premiers jours sont consacrés à l’installation et c’est une montagne de tâches logistiques et d’intendance qui attend le petit groupe. Il faut trouver un minibus pour rejoindre le village d’Agassa Godomey (à 30 km de Cotonou, à la limite de la brousse) et ensuite la maison qui va loger le groupe (heureusement Béatrice Ghaye et Jean de Dieu Hounsou , amis et enseignants béninois, avaient déjà pris des contacts avec des partenaires avant le séjour). Ravitailler 14 personnes le premier soir, quand il n’y a pas encore de repères, n’est pas une mince affaire. Le lendemain, les échanges sont nombreux pour dégoter un chauffeur de taxi, acheter des cartes SIM, mettre en place une organisation avec des personnes relais qui s’engageront à ravitailler et transporter le groupe le temps du séjour (par exemple, pour se rendre au centre commercial). Tout cela en co-construction avec les 12 étudiant·es : on se répartit les tâches. Heureusement, l’accueil est enthousiaste et c’est finalement tout un quartier qui se coupe en quatre pour aider les jeunes et leurs professeurs. Après quelques heures, tout le monde a fait connaissance.

Les échanges pédagogiques peuvent alors commencer

Un contact avait été pris au préalable avec l’inspecteur et responsable pédagogique d’une centaine d’écoles publiques et privées. Le lundi, les deux directions maternelle et primaire d’Agassa Godomey attendaient donc le groupe pour les présenter aux élèves, aux enseignants et aux enseignantes. Des échanges sur les attendus et ceux des partenaires sur place aboutissent à la signature de différentes conventions et des prises de contact diverses pour assurer la tenue des stages des étudiant·es.

Les étudiants et étudiantes ont ainsi pu démarrer leur stage rapidement : 6 en maternelle et 6 en primaire. Après leurs activités en classe, le temps est consacré à des débriefings en groupe portant sur leurs préparations de stage, leur pratique en classe, mais aussi les émotions, la communication non-violente, les chocs culturels, l’évaluation… Le fait que tous les étudiant·es partageaient un même site (au niveau scolaire, mais aussi au niveau de l’hébergement) a fortement favorisé la coopération, l’entraide et a permis de trouver ensemble de nouveaux points de repère.

A côté de cet encadrement pédagogique, nos deux collègues ont consacré les 2 semaines de leur séjour à prendre d’autres contacts avec des représentants institutionnels pour consolider le partenariat, mais aussi l’étendre à la section secondaire dès l’année suivante. Rassurés par le bon démarrage du séjour, Benoît et Patsy ont pu laisser les étudiant·es à leur formation et à la découverte du pays et sont rentrés en Belgique avec la ferme intention de pérenniser le projet.

Projet Bénin, année 2

Revoici les congés de mars 2024 et un nouveau séjour commence. Cette fois, en plus de 7 étudiant·es du primaire et du préscolaire, 5 étudiant·es de la section secondaire sont du voyage car, oui, les contacts pris pendant l’année ont permis la concrétisation de leur venue. Vanessa Patigny, cheffe de département de la section 3, a remplacé Patsy.

On remet en branle toute la machine logistique qui permet à toutes et tous d’être dans de bonnes conditions matérielles pour leurs 5 semaines de stage. L’encadrement pédagogique du début de leur stage se réalise à peu de chose près de la même façon tout en bénéficiant, évidemment, des expériences de l’année précédente. Pour favoriser l’échange de pratiques, on met en place des binômes ou trinômes et, autre nouveauté, des étudiant·es de sciences humaines mettent leurs compétences au service de visites culturelles pour le reste du groupe.

Pendant ce temps-là, Vanessa et Benoît renouent les contacts, en créent de nouveaux avec les personnes ayant pris de nouvelles fonctions, préparent la venue en Belgique de nos partenaires, et explorent des pistes éventuelles pour étendre le partenariat de mobilité à d’autres départements (logopédie, éducateurs, petite enfance…). A ce rythme-là, 15 jours ne sont pas de trop.

Projet Bénin, année 3

Et nous arrivons déjà à la troisième année de ce projet.

Au tour de Vinci d’accueillir les partenaires béninois en Belgique pendant un mois, en janvier-février 2025. Mathias Ahomadegbe, Directeur général de l’enseignement secondaire pour le département Atlantique et Justin Lodonou, Inspecteur principal de la circonscription Calavi 1 de l’enseignement fondamenta,l profitent de multiples visites et rencontres, avec pour objectif la découverte du système éducatif belge.

En février, une cohorte d’étudiantes et d’étudiants repartent à Agassa Gonomey. Cette fois, ils sont en autonomie et profitent du tissage de liens établis les deux années précédentes.

Début mars, un court séjour d’une semaine à Calavi et Allada permet à Vanessa et Benoît d’étendre encore les possibilités d’encadrement des étudiant·es Vinci en fin de formation.

Perspectives pour la suite du projet

Cette année 2025-2026, il n’y a pas de mobilité étudiante vers le Bénin, mais ce n’est que partie remise pour 2026-2027. Les collègues et le Service des Relations internationales réfléchissent ensemble pour valoriser ce partenariat tout en veillant à envoyer moins d’étudiant.es à la fois tant pour des raisons pédagogiques qu’éthiques et écologiques.

Consolider la collaboration est un travail de longue haleine qui demande un contact très régulier, même à distance. C’est une condition indispensable à la pérennité du projet. Les protagonistes souhaitent également étendre les échanges de formation avec l’École Normale de Porto Novo qui forme des enseignants et enseignantes : la richesse des échanges de pratiques leur fait entrevoir de belles perspectives. Les démarches sont entamées pour pouvoir accueillir en Belgique des étudiants et étudiantes béninois·es d’Allada et Porto Novo afin de réaliser aussi un projet d’ouverture à d’autres pratiques.

Les accords de partenariats avec des instituts de formation sont aussi une priorité car c’est notamment grâce à ceux-ci que peuvent se développer des partenariats plus spécifiques avec différentes écoles de stages. Cela permet également aux étudiant.es béninois·es et belges d’envisager des séjours d’études et pas uniquement des stages.

Et enfin, un séjour pourrait être planifié en avril 2027 pour évaluer les avancements des multiples collaborations et dispenser des formations en co-enseignement avec les collègues béninois.

Il reste aux collègues des départements pédagogiques, l’équipe des Relations internationales et les partenaires béninois à poursuivre ensemble le travail de cadrage du partenariat pédagogique et les projets qui en découlent (préparation interculturelle, stages, missions de formation et d’enseignement, etc.). De belles collaborations pédagogiques en perspective !

Et voilà les coulisses d’un séjour de mobilité ! Pour que les étudiants et les étudiantes Vinci puissent vivre un séjour formateur et épanouissant, il faut beaucoup d’énergie et d’investissement de toute une série d’acteurs et d’actrices. Bravo et merci à toutes les personnes impliquées dans ces projets de mobilité internationale !

Légende

  • Groupe 2023
  • Groupe 2024
  • Groupe 2025 : équipe fondamental, équipe secondaire
  • Justin et Mathias
  • Classes du primaire (CI)
  • Classe secondaire du CEG d’Agassa Godomey