Créer du lien interdisciplinaire à l’international : le défi d’Anne Ledoux et Gertrude Croé

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Publié le par Emmanuelle Dejaiffe

C’est avec un franc sourire et des étoiles dans les yeux que Gertrude Croé et Anne Ledoux racontent l’expérience vécue autour d’un très beau projet international d’échange. Née il y a déjà 5 ans, cette expérience, fédératrice de liens, a mené nos étudiants jusqu’aux Etats-Unis. Flashback sur une belle aventure humaine porteuse de sens pour nos étudiants en Assistant Psycho et en Ergothérapie.

Bonjour Anne, bonjour Gertrude. Vous avez toutes deux une solide expertise dans la gestion de projets internationaux. Pouvez-vous évoquer rapidement, pour nos lecteurs et lectrices, votre parcours à Vinci ? Qui êtes-vous l’une et l’autre ?

Gertrude : J'ai commencé à la HE Vinci - à l’époque, Institut Libre Marie Haps - en tant qu’enseignante dans le département d’Assistant en Psychologie et coordinatrice internationale, d’abord pour les départements de traduction / interprétation ensuite en tant que responsable du service des relations internationales de l’Institut Marie Haps. Aujourd’hui, mon rôle a évolué et je suis coordinatrice internationale pour le Secteur des Sciences humaines et sociales.

Anne : Moi, je suis un pur produit ‘parnassien’(rires) pour reprendre notre identité de l’époque. J’y ai d’abord fait mes études d’Ergothérapie avant d’enchaîner avec un master en Santé publique. Le département est venu me chercher en 2001 car à côté de ce parcours académique, l’un de mes atouts était surtout de bien maîtriser l’anglais. Je suis depuis lors coordinatrice internationale de ce département. J’aime à dire que Gertrude et moi avons fait partie des pionnières du Service des Relations internationales au sein de notre Haute Ecole. De mon côté, jusqu’en 2012, je travaillais également comme ergothérapeute à temps partiel au Centre William Lennox. Aujourd’hui, je suis engagée à Vinci à temps plein. Pour être encore plus précise, il y a 5 ans, j’ai également été détachée pour faire de la recherche mais c’est encore une autre dimension de ma vie professionnelle.

Pouvez-vous décrire brièvement ce projet d’échange international ? Quels en sont les objectifs et qui sont nos partenaires dans cette aventure ?

Gertrude : Avec plaisir. C’est d’abord un partenariat entre trois institutions : l’Université de Virginie, la HOGENT et la HE Vinci. Le projet, né il y a 5 ans, a pour vocation de faire se rencontrer des étudiants de disciplines différentes dans un projet commun qui éclaire l’international, l’interdisciplinarité ou l’interprofessionalisme et l’interculturalité

Nous souhaitions surtout que les étudiants se rendent compte de la très forte plus-value de cet « inter », pour jouer avec les mots.

Très concrètement, nous mettons en place des rencontres en présentiel physiques où ensemble, ils travaillent sur des cas qu’ils éclairent du regard de leur profession respective et de la réalité d’une région ou d’un pays.

Du point de vue de l’organisation, ce projet se déroule en deux temps respectifs. En janvier, les étudiants américains viennent chez nous pour vivre l’interculturalité du côté européen. Et ensuite, au printemps, les étudiants belges partent aux Etats-Unis pour vivre une expérience parallèle.

Anne : L’idée, c’est vraiment de leur faire vivre cette expérience interprofessionnelle.

Quelle est la genèse d’un tel projet ? Qui en a eu l’idée ?

Gertrude : C’est notre collègue américain, Filip Loncke et une collègue gantoise, Liesbeth Van Coppenolle , qui m’ont contactée car ils cherchaient un partenaire francophone pour un projet de recherche en logopédie. Le projet a ensuite évolué et nous y avons embarqué d’autres départements. La sauce a pris tout de suite entre nous et l’aventure a commencé. Nous étions ouvertes à accueillir ce projet car l’interculturalité et l’interdisciplinarité sont vraiment importants à nos yeux.

Est-ce que les aspects que nous vivons actuellement de fermeture des frontières américaines ont eu un impact sur le projet ?

Anne : Cela a provoqué un peu de stress avant le départ mais nous n’avons eu aucun problème lors de notre arrivée sur le sol américain. Charlottesville en Virginie est aussi une ville démocrate dans un Etat républicain américain.

Gertrude : Cela a suscité des réflexions entre les étudiants et étudiantes car le projet porte sur l’interculturalité. Un tel échange permet notamment de déconstruire les stéréotypes pour les étudiants tant belges qu’américains. Soulignons que nos homologues américains, tout comme nous , souhaitent ardemment continuer le projet.

Quelles sont les sources de financement d’un tel projet ?

Anne : Il est auto-financé sur fonds propre du Service des Relations internationales. C’est un projet un peu particulier et hors des sentiers battus pour trouver un financement extérieur ou une bourse. Nous avons eu la chance qu’on nous fasse confiance.

Gertrude : C’est aussi un bel engagement de la Haute Ecole sur la qualité du projet. Il a été soutenu dès le départ par les directions de secteur ainsi que notre ancienne responsable du Service des Relations internationales.

Avez-vous aussi vu une évolution d’une édition à l’autre du projet ?

Gertrude : . La première édition a eu lieu en ligne en juin 2021, dû à la situation du Covid19. Il a bien sûr évolué et chaque édition enrichit la suivante car nous avons des séances de feedbacks avec les étudiants et les partenaires. Cette édition avait récolté un vif succès, c’était une vraie respiration dans un contexte compliqué. Tout le monde était ravi.

Anne : Il est important de souligner qu’au fil du temps, nous nous connaissons de mieux en mieux et cela a forcément un impact sur le fond du projet. Cela s’enrichit au fil des éditions.

Comment les étudiants sont-ils choisis ?

Anne : C’est un appel à candidature qui est lancé chaque année. En ergothérapie ainsi qu’en assistant en psychologie, le projet compte dans le cursus de l’étudiant et nous organisons en juin un debriefing complet avec les étudiants.

Est-ce qu’il y a une histoire qui vous a marqué au fil du projet depuis ses origines ?

Anne : Moi j’ai envie de dire que toutes les histoires nous touchent. Lorsque nous voyons l’ouverture que cela apporte aux étudiants et comment cela augmente leur confiance en eux. « Ils ont osé partir. » Cela permet à certains de pouvoir vivre une expérience qu’ils n’auraient pas pu vivre autrement. Tout le monde n’a pas la possibilité de partir en Erasmus, n’y n’ose tenter l’expérience.

Gertrude : Il y a en effet plusieurs histoires. J’ai été particulièrement touchée par la première édition en ligne qui a été un franc succès. 100% des participants avaient recommandé cette formule d’une semaine en ligne. Cela m’avait impressionnée à l’époque.

L’autre aspect qui me touche, c’est qu’on part aujourd’hui vers une forme d’amitié entre collègues, c’est extrêmement riche. De tels projets permettent de créer du lien. A noter également, les stéréotypes bougent également entre étudiants néerlandophones et francophones. Ils découvrent et apprennent à s’apprécier. Les jeunes découvrent ainsi les différences dans nos systèmes de santé en Belgique et aux Etats-Unis.

Pour conclure, à quoi rêvez-vous pour ce projet ?

Anne : Je rêve que ce projet puisse grandir et donner naissance quelque part à des petites sœurs et des petits frères.

Gertrude : Moi, je rêve que ce projet puisse grandir au sein de Vinci et que les trois secteurs puissent s’y retrouver.